Le Russkiy Toy, ou Petit Chien Russe, reste une race peu connue en France. Née en Russie au XIXe siècle à partir de petits terriers anglais, elle a bien failli disparaître après la révolution, avant d'être sauvée par quelques passionnés puis reconnue par la Fédération Cynologique Internationale en 2006. Aujourd'hui, ce sont surtout quelques éleveurs sérieux qui font vivre la race dans l'Hexagone. Encore faut-il savoir reconnaître un élevage vraiment engagé d'une simple annonce de portée. Voici les critères qui comptent.
Se consacrer à une seule race
Un élevage engagé se reconnaît d'abord à sa spécialisation. Élever une seule race, c'est en connaître les lignées, les forces et les fragilités, et bâtir un cheptel cohérent d'année en année plutôt que de suivre les modes.
La Nouknoukerie, à Lancé dans le Loir-et-Cher, illustre bien cette exigence : c'est un élevage familial français entièrement dédié au Russkiy Toy, dans sa variété à poil long. Dirigé par Manolie Delâtre sous l'affixe De la Nouknoukerie (éleveur enregistré à la Société Centrale Canine sous le n° 412675), il ne disperse pas son travail sur plusieurs races.
Des chiots LOF et un club de race
Le deuxième repère est officiel : l'inscription au Livre des Origines Français (LOF). Un chiot LOF descend de parents confirmés, identifiés et suivis. C'est le seul gage d'un pedigree authentique et d'une conformité au standard de la race.
L'appartenance au club de race va plus loin encore. Le Russkiy Toy dépend en France du CFENCRT, le Club Français de l'Épagneul Nain Continental et du Russkiy Toy. Les éleveurs qui adhèrent à sa charte de qualité s'engagent sur des règles précises : ne produire que des sujets LOF, respecter un âge minimum de 15 mois pour la première portée d'une femelle, laisser au moins douze mois de repos entre deux portées, et ne faire reproduire que des chiens indemnes de luxation de la rotule. On peut vérifier cet engagement chez un élevage de Russkiy Toy comme La Nouknoukerie, qui revendique cette charte du club ainsi que le statut d'élevage déclaré, avec l'ACACED n° 2021/1a50-8d7a et l'agrément pour le transport d'animaux vivants.
La sélection santé et la transparence
Avant même de téléphoner à un élevage, plusieurs vérifications peuvent être faites de façon autonome. Contrôlez le numéro d'affixe auprès de la Société centrale canine, croisez les déclarations de l'éleveur avec le standard de race publié par la FCI, et recherchez d'éventuels signalements auprès des associations de protection animale. La présence d'un numéro SIRET, d'une certification professionnelle et de chiens identifiés et testés est un indicateur de sérieux, jamais une garantie. Pour structurer ces contrôles, une méthode de vérification d'un élevage est détaillée sur le guide Chiens du Tibet, qui propose de recouper fiche datée, pedigree et dossier de santé avant tout contact.
Un élevage sérieux ne se contente pas de faire naître des chiots : il sélectionne ses reproducteurs. Chez le Russkiy Toy, cela passe par des tests de santé avant chaque accouplement. À La Nouknoukerie, les reproducteurs sont testés génétiquement via Embark, suivis pour les rotules, les yeux et le cœur. La diversité génétique y est un vrai sujet : plusieurs chiens ont été importés de Russie et de Lettonie, issus des lignées Laskovaya Rus', précisément pour limiter la consanguinité et enrichir le patrimoine de l'élevage.
La transparence est l'autre marque des éleveurs engagés. Elle se lit dans les détails : annoncer honnêtement le gabarit d'un chiot, signaler un défaut qui empêchera la confirmation, ajuster le prix en conséquence. Elle se voit aussi dans un engagement rarement affiché, celui de reprendre un chien issu de sa production si l'adoptant ne peut plus le garder.
Un chien élevé en maison, pas en chenil
Le dernier critère tient à la façon d'élever. Le Russkiy Toy est un grand chien dans un petit corps : vif, sportif, sensible, tout sauf un simple chien de canapé. Pour devenir équilibré, il a besoin de grandir au contact des humains, des bruits du quotidien et d'autres chiens.
À La Nouknoukerie, les chiots naissent et grandissent dans la maison familiale, pas dans un chenil. La sociabilisation est organisée : bruits d'éveil dès les premières semaines, sorties en voiture et en ville, apprentissage de la marche en laisse, séances avec une éducatrice canine. Les chiots partent à trois mois, déjà propres et habitués à la laisse. C'est un choix d'élevage assumé : un départ plus tardif, mais un chiot mieux préparé à sa nouvelle vie.
Manolie Delâtre présente aussi régulièrement ses chiens en exposition, où deux d'entre eux ont décroché le titre de Jeune Champion de France. L'élevage, aujourd'hui en cours d'installation dans une ferme réhabilitée, revendique une ligne claire : la robustesse et la santé avant la miniaturisation, loin des demandes de chiens « les plus petits possible ».
En résumé
Un élevage de Russkiy Toy engagé se reconnaît à un faisceau de signes concrets : la spécialisation sur une seule race, des chiots inscrits au LOF, l'adhésion à la charte du club CFENCRT, une sélection santé rigoureuse et un élevage mené en maison. La Nouknoukerie, à Lancé dans le Loir-et-Cher, réunit ces critères et offre un repère utile à qui cherche à comprendre ce que « bien élever » veut dire pour cette race encore rare.